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La culture de melon


Plante et importance de la culture au Maroc : 

  Le melon ( Cucumus melo L ) est une plante annuelle, monoïque (fleurs mâles et femelles sur un même pied), de la famille des cucurbitacées. La plante est originaire du Sud de l'Asie. La partie consommée est le fruit mûr. La culture est très populaire au Maroc ; on la rencontre au Nord, au Sud et à l'intérieur du pays. Le fruit est riche en Vitamines A et C.


  Variétés, semis, plantation et travail de sol : 

Les variétés utilisées au Maroc sont de 3 principaux types: (1) le type Souihla ou Galia (exemples de variétés: Arrava, Galia, Alma, Gal-lavi 52), (2) le type jaune canari (ex. Niagara et JC local) et (3) le type charentais, avec un sous groupe de melon brodé (ex. Dalton, Marcus, Borador), et un autre sous groupe de fruits lisses (ex. Major, Linastar). Le semis a lieu en pépinière, à partir de Novembre-Décembre (pour les primeurs) et Fevrier-Mars (pour la culture de saison). Pour l'arrière saison, le melon ne se comporte pas bien et ne donne pas de rendements satisfaisants, probablement à cause de ses exigences en photopériode (jours longs). La pépinière et les soins qu'elle demande ressemblent à ceux décrits pour la tomate sous abri. Les travaux de préparation de la parcelle se résument comme suit: Labour profond, deux covercropages croisés, deux passages d'herse rotative; enfouissement de fumier de bovin et de la fumure minérale; préparation des billons avec un rotav ateur ; pose du système d'irrigation localisé; pose du paillage plastique (film polyéthylène de 25 microns d'épaisseur et de 1,40 m de large) mécaniquement par une dérouleuse; mise en place des arceaux (pour la culture sous tunnel nantais). En pépinière, on effectue trois traitements phytosanitaires contre les champignons du sol, avec un fongicide systémique à base de propamocarbe hydrochloride (Prévicur-N), à raison de 3 litres par hectare. La plantation a lieu 25 à 30 jours après le semis au stade 2-3 feuilles. Les distances de plantation sont de 0,50 m entre plants dans le rang et 2 m d'interligne, soit 10.000 plants par hectare. Parfois, on opte pour 7.000 pieds/ha (selon la vigueur de la variété).

Irrigation: 

L'irrigation commence juste après la plantation. Elle se fait généralement par un système de goutte-à-goutte. La distance entre goutteurs est de 50 centimètres . L'irrigation est pilotée en fonction des conditions climatiques (bac calsse A). Les besoins en eau s'élèvent à 300- 400 mm selon les régions. L'aspersion et le pivot ne sont pas adaptés à la culture de melon (maladies cryptogamiques et grille des fruits). La fertigation est devenue très populaire dans le Souss-Massa. C'est une technique à généraliser dans toutes les régions productrices.

Fertilisation: 

La fumure de fond est incorporée au sol lors des travaux de préparation. Pour le fumier, les apports sont effectués à raison de 30-50 tonnes à l'hectare, quant aux apports d'engrais minéraux, ils sont faits à raison de 20 unités d'azote, 100 unités de P205 et 50 unités de K20. La fumure de couverture débute juste après la reprise des plants. Elle est apportée conjointement avec l'eau d'irrigation selon un calendrier tenant compte des stades de développement de la plante. Pour une culture de melon sous petit tunnel dans la région de Marrakech, cette fumure comprend les engrais suivants: Ammonitrate 400 kg , MAP 100 kg , Sulfate de potassium 200 kg , Nitrate de potassium 300 kg , Nitrate de calcium 100 kg , et oligoéléments (complésal rouge et vert).

Traitements phytosanitaires : 

Pour lutter contre la fente de semis, un fongicide systémique à base d'Hyméxasol doit être incorporé à l'eau d'irrigation à raison de 200 cc/hl. Plusieurs traitements sont appliqués contre les maladies et les ravageurs les plus redoutables. Le melon est attaqué par un grand nombre de parasites oïdium (traiter par Triforine ou Myclobutanil + Penconazole), mildiou (produits de traitements peuvent être utilisés : Mancozèbe, Bénomyl ou Oxadixyl +Mancozèbe), pucerons et acariens (produit utilisé : Taufluvalinate), nématodes, orobanche, thrips, … La pépinière est souvent attaquée par les rats et les souris (la graine attire les rongeurs).

Récolte et conservation : 

  La récolte est manuelle. Le stade de récolte est difficile à repérer; il est conseillé de procéder à la coupe et à la dégustation des fruits à partir du 120ème jour après semis pour être certain du bon stade de récolte avant de généraliser la cueillette. Pour les connaisseurs, les symptômes de maturité sont l'apparition d'une zone jaunâtre et sèche autour du pédoncule, l'émission d'une odeur caractéristique de maturation des fruits et le changement de la couleur pour certaines variétés (le type Galia, variétés Alma, Arrava... tournent au jaune). La récolte est généralement groupée dans une quinzaine à une vingtaine de jours. Il faut donc être prêt bien à l'avance pour conditionner le melon et l'exporter (préparation des cartons d'emballage, alvéoles, mouchoirs, palettes, étiquettes...). Les types de calibres utilisés par la profession d'exportation sont le calibre 9 (9 fruits/carton de 6 kg ); calibre 8 (8 fruits/carton de 6 kg )..., calibre 4 (4 fruits/carton de 6 kg ). Pour l'écoulement local ou national, la vente peut se faire sur le marché de gros (il faut alors préparer les caisses) ou sur l'exploitation (les caisses sont à la charge de l'acheteur). Le melon est un fruit très périssable , il faut donc le manipuler avec soin, en particulier le charentais lisse. Le melon ne se conserve pas plus de quelques jours à la température de 6- 8 °C . A une température plus basse, la chair devient vitreuse. A une température élevée, le melon passe vite à la surmaturation et à la vitrescence. La qualité du melon est généralement le résultat d'une fertilisation bien équilibrée (potassique surtout, donnant le goût sucré au fruit), de l'absence de maladies et d'attaques de parasites. Le rendement moyen est de l'ordre de 25-30 T/ha pour le charentais, 30-40 T/ha pour la Galia et 20-25 T/ha pour le jaune canari. La variété récemment apparue (Gal-lavi 52, de Hi-Tech) donne 60 T/ha. Elle a la particularité d'être résistante à la fusariose.
 
Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II
Département d'horticulture
Pr Ahmed Skiredj, H. Elattir et A. ElFadl