- LA CULTURE DU KAKI

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LA CULTURE DU KAKI


LE KAKI
OU PLAQUEMINIER
(Diospyros kaki L.)
   
I. IMPORTANCE DU KAKI ET SON AIRE DE CULTURE 

Bien que connue au Maroc depuis des décennies, la culture du kaki ne s'est étendue au-delà des zones de Khémisset - Meknès et Rabat - Kénitra que ces dernières années. Les surfaces plantées en vergers de production sont de l'ordre de 10 hectares. C'est une espèce qui est peu répandue dans les jardins d'amateurs. La production est estimée à 55 T avec un rendement de 9,2 T/ha pour une superficie de 6 hectares.

II. LES EXIGENCES AGRO-CLIMATIQUES 

Durant le repos végétatif, le kaki peut supporter des températures de (-18°C) sans aucun dommage. En outre, il fleurit suffisamment tard pour échapper aux gelées tardives. En zones côtières, la production est plus tardive que dans les vallées intérieures. Le kaki est très résistant à la sécheresse dans la mesure où l'humidité du sol reste suffisante. Sinon les rendements diminuent. En période de croissance, il est par contre sensible au vent. Le kaki s'adapte à de nombreux sols, mais il préfère un sol profond, fertile et bien drainé, avec un pH de 5,5 à 6,5. Un sol sablo-limoneux convient mieux à sa culture.

  III. LE MATERIEL VEGETAL 

Deux types de variétés sont cultivées au Maroc :
1- Type 1 : variétés dont les fruits astringents à la récolte, nécessitent une période de maturation en post-récolte avant de pouvoir être consommés. Triumph : fruit précoce, aplati, chair jaune-rouge, contenant peu de petits pépins et nécessitant la pollinisation. C'est la variété la plus répandue.
2- Type 2 : variétés dont les fruits non astringents sont comestibles à la récolte. ‘Maykawa' : variété très précoce, fruit à chair jaune clair, mûrit en Septembre. ‘Nishi Mura Wasé': récoltée en Septembre, ‘Jiro' : mûrit en Octobre. ‘Fuyu' : gros fruit, aplati, chair saumon, jamais astringente, ne nécessite pas de pollinisation, mûrit en Décembre. ‘Sharon'... Deux porte-greffe sont utilisés au Maroc, le franc Diospyros kaki et D. lotus. Celui-ci est préféré au franc à cause de la résistance à la sécheresse, au froid et à la longévité qu'il confère aux variétés. D. lotus permet aussi une augmentation de la productivité. Les graines de ce porte-greffe sont stratifiées dans du sable humide durant deux mois, puis greffées à oeil poussant au printemps.

  IV. LES TECHNIQUES CULTURALES 

1. Plantation : 

La plantation a lieu en Janvier. Les distances de plantation adoptées sont de 6 m x 6 m, (5-6) m x (3-4) m. En culture intensive en fertigation et palissage sur fil de fer, on adopte 2,5 x 5 m.
Le plant une fois installé, est arrosé copieusement et rabattu à 70 cm du sol. Trois à 4 charpentières sont conservées pour le gobelet. Dans le cas de palissage sur fil de fer, les plants sont conduits en espalier ou palmette. Les années suivantes, un léger élagage permet de supprimer le bois mort et d'aérer la ramure. Le kaki fructifiant sur les bourgeons terminaux de la pousse annuelle, la taille de fructification est réalisée régulièrement chaque année et vise à renouveler les rameaux fructifères.

2. Fertilisation : 

Les apports annuels printaniers sont de l'ordre de 25 g d'N, 45 g de P 2 0 5 et 20 g de K 2 0 par arbre et par année d'âge. Ces apports sont constants à partir de l'âge de 8 ans. Des carences en zinc, en magnésium et en manganèse peuvent se manifester en verger. En fertirrigation et culture palissée, des plants âgés de 3 ans reçoivent 100 u d'N en 5 apports de Mai à Septembre ; 60 u de P 2 0 5 ; 100 u de K 2 0 en 2 apports et 35 u de MgO.

3. Irrigation : 

Le kaki nécessite 1000 à 1200 mm d'eau par an.L'irrigation localisée est souvent préférée. Elle doit débuter en Février-Mars et se prolonger jusqu'en Septembre. Dans le cas de la région de Tanger, il faut prévoir 3000 à 5000 m 3 /ha pour compenser le déficit hydrique.

4. La pollinisation : 

Pour pallier au problème de pollinisation et étaler la production, généralement, plusieurs variétés sont associées. La présence d'abeilles est très bénéfique. Les productions qui commencent à être importantes dès la 3ème à la 4ème année nécessitent un éclaircissage qui doit être réalisé chaque année. Ceci permet d'obtenir un bon calibre des fruits et d'éviter l'alternance.

V. PROTECTION PHYTOSANITAIRE 

Le principal ravageur du kaki au Maroc est la mouche méditerranéenne des fruits, Ceratitis capitata. La lutte consiste en piégeage des premiers vols de l'insecte et la pulvérisation d'insecticides. D'autres maladies sont signalées dans certains pays tel le Crown-gall dû à l'Agrobacterium tumefasciens, des champignons (Botrytis cinerea, Gloeosporium kaki, Armillariella mellea), des nématodes (Tylenchulus semi-penetrans) et le Cossus cossus.

VI. RECOLTE ET CONSERVATION 

Les premières récoltes commencent dès la 3° année après le greffage et la pleine production 6 à 8 ans après. Les récoltes s'étalent de la mi-Septembre à Décembre. Le rendement est de 40 à 80 kg de fruits par arbre selon les variétés. Le stockage à basse température (- 1 à + 1°C) permet de conserver les fruits pendant 2 à 4 mois. Plusieurs traitements post-récolte permettent d'éliminer l'astringence du kaki. Un des traitements les plus utilisé est l'enrichissement en CO 2 de la chambre frigorifique.
  


Co-auteurs= Les professeurs de l'IAV Hassan II, Agronomie-département d'horticulture, unité de Rabat,
Ahmed Skiredj
Walali D.M.L.
Hassan El Attir