- Le figuier

Recent-Post

Le figuier


LE FIGUIER
(Ficus carica L.)
 
 
I. IMPORTANCE DE LA CULTURE DU FIGUIER ET SON AIRE DE CULTURE. 

Le figuier occupe une superficie de plus de 46 000 ha, soit 5% du patrimoine arboricole national. La production est estimée à 57 000 tonnes atteignant un rendement moyen de 1,2 tonnes/ha. La culture est localisée principalement dans les zones de montagne, sur des sols pauvres, schisteux-marneux (Rif et Chefchaouen) ou calcaires dans des terrains souvent accidentés et bénéficiant de très peu de soins. Les cinq grandes zones de production sont : Taounate (22 230 ha), Chefchaouen (7 050 ha), Al Hoceima (5 000 ha), Ouazzane (3 150 ha), Tétouan (2 000 ha). Les autres plantations sont réparties entre Taza, Nador, Essaouira, El Jadida, Safi. La culture du figuier est en régression, souvent remplacée par des céréales ou du tabac.

II. LES EXIGENCES AGRO-CLIMATIQUES DU FIGUIER 

Le figuier se développe bien dans des zones à faible hygrométrie, fort ensoleillement et des étés chauds et secs. Au stade jeune, les pousses en croissance peuvent être endommagées à (- 1°C). Mais l'arbre adulte peut résister jusqu'à (- 12°C). Les températures de 32 à 37°C sont très favorables pour le développement et la maturité des fruits. Si la température s'élève jusqu'à 43°C, le fruit durcit. Le figuier s'adapte à une large variété de sol, depuis les sols lourds argileux jusqu'aux sols sableux, mais préfère les sols limono-argileux. Il tolère des pH de 6 à 7,7, mais craint les fortes concentrations en sodium et en bore.

III. LE MATERIEL VEGETAL 

Il existe actuellement un grand nombre de variétés au Maroc et probablement beaucoup de synonimie d'appellation. Vingt quatre variétés commercialement cultivées ont été identifiées dans trois zones du Rif. Parmi ces variétés, six sont cultivées à grande échelle. Il s'agit de : El Messari ou Homrame ou Johri, Lembdar Labiad, Lembdar Lakhal, Rhouddane, El Koté et Aounq Hmam. A l'exception d'El Koté qui ne fructifie qu'en automne, toutes les autres variétés sont bifères, c'est à dire qu'elles présentent une fructification estivale ( de la mi-juin à juillet) et une 2ème, automnale (de la mi-août à septembre). La variété Rhouddane est un type commun qui ne comporte que des fleurs pistillées. Elle n'a pas besoin de pollinisateur, alors que toutes les autres variétés sont du type San Pedro et nécessitent un pollinisateur pour la fructification de septembre-octobre, qui produit le plus de fruits. Pour le figuier, une opération importante (caprification) consiste à planter à côté des figuiers femelles un caprifiguier pour en assurer la pollinisation grâce à un insecte, le Blastophaga psenes. Trois à cinq caprifiguiers assurent la caprification de cent figuiers femelles. Dans la zone Nord du Maroc, les caprifiguiers : L'Hlou, l'Mer et l'Hmer sont à floraison échelonnée et sont utilisés comme source de pollen. Un caprifiguier, le MKH n° 5 a aussi été sélectionné pour sa richesse en Blastophages, par l'INRA Marrakech.

IV. LES PHASES DE DEVELOPPEMENT DU FRUIT 

La figue présente une allure de croissance en double sigmoïde avec deux pics et trois phases de croissance. Au cours de la première et la troisième phase, le fruit croît en taille et en poids, alors qu'en deuxième phase, il reste stationnaire. Les pics de croissance sont associés à la synthèse d'auxines endogènes. Le taux de sucre de la figue croit graduellement durant les premières et les dernières phases de développement du fruit.

V. LES TECHNIQUES CULTURALES 

- Multiplication et plantation
Le figuier se multiplie facilement par boutures qui s'enracinent facilement. Les boutures sont plantées dans un carré d'élevage où elles sont espacées de 20 à 30 cm sur la ligne et 60 cm entre ligne. L'ombrage et une irrigation régulière sont nécessaires pour une bonne reprise des boutures. Une incision annulaire à la base de la bouture 30 jours avant son prélèvement facilite l'émission des racines et leur développement ultérieur. Des trous de plantation de 60 cm³ sont creusés et exposés à l'air libre pour quelques semaines. Les plantations se font en carré ou selon les courbes de niveau avec une distance de 4 à 6 m en tout sens. Des espacements de 6 x 4 m sont les plus conseillés car ils permettent une limitation de la phase juvénile et augmentent la résistance au froid.
- Fertilisation
Les plants d'un an doivent recevoir 9 kg de fumier bien décomposé et 35 g d'azote sous forme d'urée. Chaque année, on doit ajouter 7 kg de fumier et 35 g d'azote supplémentaires. A cinq ans, l'arbre doit recevoir 40 kg de fumier et 150 g d'azote. Chez le figuier, l'azote est essentiel pour la croissance végétative et la fructification; le phosphore agit sur la couleur et la maturité du fruit et le potassium sur le rendement et la qualité de la figue.
- Irrigation
Au cours des premières phases de croissance et de développement, les besoins en eau du figuier sont importants, mais l'irrigation doit être réduite aux approches de la maturité en vue d'obtenir des fruits riches en sucre et entiers. En été, le figuier doit être irrigué tous les 8 à 10 jours. En hiver, lors du repos végétatif, 2 à 3 irrigations sont suffisantes pour couvrir les besoins de l'arbre.
- La taille
La taille est nécessaire pour stimuler la production de nouvelles pousses qui vont porter les fruits. La taille a pour effet d'accroître la production et le poids des fruits. C'est une taille d'éclaircie qui doit enlever le bois mort et aérer la frondaison des arbres.

VI. MALADIES ET RAVAGEURS DU FIGUIER 

Dans les vergers mal entretenus qui ne subissent pas de taille, la cochenille du figuier ou Kermès (Lepidosaphes ulmi L.) se développe sur l'écorce, les feuilles et les fruits, sécrétant une substance cireuse blanc-rosâtre. Suite à ces attaques, la fumagine se développe fréquemment sur les arbres ; les fruits récoltés sont alors impropres à la consommation.
Une autre maladie due à Rosellinia necatrix, se manifeste par un feutrage mycelien blanc sur les racines et l'extrêmité des rameaux qu'il dessèche.
D'autres maladies sont aussi fréquentes telles que l'Aspergillus niger, Botrytis cinerea. Un poudrage au soufre, le Zineb ou le Dithane M-45 permettent un contrôle de ces maladies. Parmi les insectes, on peut citer la teigne et le psylle du figuier qui s'attaque aux feuilles et aux jeunes pousses et la mouche noire des figues qui peut faire chuter certaines années jusqu'à 60 à 70% des fruits. Traiter avec les insecticides appropriés.

VII. RECOLTE ET CONSERVATION 

Pour les zones les plus précoces, la maturité des figues commence à la mi-juin pour les figues fleurs et à la mi-août pour les figues d'automne, un décalage de 10 à 15 jours sépare les zones de productivité précoce de celles à production tardive.
La récolte se fait manuellement ou à l'aide de roseaux fendus à l'extrêmité. La cueillette des fruits est faite un peu avant maturité complète pour les figues destinées à la vente en frais et au séchage. Les rendements sont variables et se situent entre 15 et 80 kg par arbre en pleine production. Des séchoirs solaires pilotes permettent de sécher les figues.


Co-auteurs= Les professeurs de l'IAV Hassan II, Agronomie-département d'horticulture, unité de Rabat,
Ahmed Skiredj
Walali D.M.L.
Hassan El Attir