La culture du poirier


I. IMPORTANCE ET AIRE DE CULTURE DU POIRIER 

Le poirier occupe une superficie de 3 900 ha pour une production de 37 500 T. Comme pour le pommier, les principales régions de productions, le Moyen et Haut Atlas (Azrou - Ifrane), la plaine du Saïs (Meknès - Fès), Khénifra - Midelt et le Gharb.

II. LES EXIGENCES AGRO-CLIMATIQUES 

Le poirier est une espèce qui se développe dans des zones climatiques où la température reste en dessous de 7°C. Ses besoins en froid sont de l'ordre de 1200 à 1500 heures de températures inférieures à 7,2°C. En phase de dormance, le poirier peut supporter sans en souffrir des températures allant jusqu'à (- 26°C). Moins rustique que le pommier, le poirier est cependant plus exigeant en froid que le pêcher. Les températures au dessus de 27°C et au dessous de 12°C et la faiblesse d'hygrométrie réduisent le calibre des fruits. La variétés Williams est sujette à une maturité précoce si des températures fraîches sévissent pendant les quelques mois qui précèdent la récolte. Le fruit présente alors une vitrescence, ramollit et se conserve mal en frigorifique. Le degré de ces altérations dépend d'un seuil critique des températures et de la durée d'exposition du fruit à ces températures. Le poirier s'accommode d'une grande variété de sols dans la mesure où ils conservent suffisamment d'humidité et qu'ils soient bien drainés. Comme beaucoup d'espèce, le poirier se développe bien sur des sols profonds, fertiles, argilo-limoneux et riches en matière organique.

III. LE MATERIEL VEGETAL 

Comparativement au pommier, la gamme variétale du poirier est nettement plus réduite. Une dizaine de variétés fournissent la quasi-totalité de la production de poires au Maroc. En culture de plaine et par ordre de précocité de récolte, on rencontre Wilder, Précoce Morettini, Coscia, Dr. Jules Guyot, Clapp Favorite, Williams Blanc, Williams Rouge, Louise Bonne d'Avranches et Passe Crassane. Les variétés les plus cultivées sont les poires d'été (Williams, Dr. J. Guyot, Beurré Hardy) suivies de Passe Crassane, une poire d'automne. L'association variétale est nécessaire chez le poirier pour assurer la fécondation croisée. Les types d'associations rencontrées sont les suivantes :

Variétés à polliniser Variétés pollinisatrices 

  -Précoce Morettini -Coscia
-Coscia -Précoce Morettini
-Dr. J. Guyot -Williams
-Williams -Conférence, Dr. J. Guyot
-Louise Bonne d'Avranches -Beurré Hardy
-Passe Crassane -Williams - Beurré Hardy
Les deux porte-greffe les plus utilisées sont : le Franc et le Cognassier BA29. Le franc confère une grande vigueur à la variété, ce qui est un inconvénient en culture intensive, mais il est indemne de maladie à virus à l'exception du « vein yellow » transmis par graine ; il présente aussi une bonne affinité avec le poirier et est peu sensible à la chlorose calcaire. Un franc sélectionné pour son homogénéité, Feudière est peu diffusé. Le cognassier BA 29 est un cognassier de Provence qui se distingue par sa vigueur, sa croissance rapide et présente une bonne affinité avec Williams.

IV. TECHNIQUES CULTURALES 

La réussite de la culture du poirier nécessite les conditions suivantes :
- Eviter les brusques variations dans la disponibilité en eau. Ceci revient à :
. disposer d'une bonne réserve en eau du sol ;
. limiter l'évapotranspiration (choix d'un terrain abrité et plantation de brise-vent) ;
. maintenir l'humidité du sol proche de la capacité au champ en pratiquant des
irrigations fréquentes.
- Eviter les endroits gélifs
- Assurer une excellente pollinisation (la présence de ruches est indispensable).
Pour les autres techniques (fertilisation, irrigation, taille se référer à la culture du pommier).

V. MALADIES, RAVAGEURS ET PROTECTION PHYTOSANITAIRE 

Le poirier est soumis à de nombreuses maladies à virus et à mycoplasmes dont on peut citer: le jaunissement des nervures (vein yellow), la mosaïque annulaire, la gravelle (pear stony pit), le dépérissement viral (pear decline) et le bois caoutchouc (Rubbery wood). Ces deux dernières maladies sont dues à des mycoplasmes.
Une maladie bactérienne, le flétrissement des bouquets floraux dû à Pseudomonas syringae a été signalée dans des vergers d'Azrou. Le feu bactérien dû à Erwinia amylovora présente un réel danger pour les vergers de pommiers et poiriers au Maroc. Présent en Europe et aux USA, il n'a pas encore été signalé au Maroc.
Pratiquement, les mêmes maladies cryptogamiques signalées sur le pommier, affectent le poirier (Tavelure, Oïdium, Chancres, Plomb parasitaire dû à Stereum purpureum, etc...). Comme ravageurs, il faut signaler le carpocapse, le psylle, le pou de San José, la cochenille, les acariens, les pucerons, la capnode, la cératite, la zeuzère et le cossus... (Voir calendrier de traitement du pommier.

VI. RECOLTE ET CONDITIONNEMENT 

Pour la récolte et le conditionnement se référer à la culture du pommier.


Co-auteurs= Les professeurs de l'IAV Hassan II, Agronomie-département d'horticulture, unité de Rabat, Ahmed Skiredj; Walali D.M.L. et Hassan El Attir.