le figuier de barbarie


LE FIGUIER DE BARBARIE
(Opuntia Ficus-indica Mill.
 
 
I. IMPORTANCE ET AIRE DE CULTURE DU FIGUIER DE BARBARIE 

A l'exception des zones sahariennes et des montagnes, le figuier de Barbarie est largement représenté dans le paysage rural marocain. On le trouve principalement dans le Rif, les plateaux et plaines atlantiques et du Centre, dans le Tensift, dans la région de Moulay Driss près de Meknès et à Beni Smir près de Oued Zem où une collection de cactées de 500 ha a été installée dès 1944.

II. LES EXIGENCES AGRO-CLIMATIQUES 

Le Figuier de barbarie est résistant au froid et peut supporter des gelées de l'ordre de (-5°C). Ses besoins en chaleur sont importants et se situent entre 15 et 25°C durant la phase de croissance du fruit. Il est résistant à la sécheresse et des températures moyennes annuelles de 15 à 18°C lui conviennent parfaitement. L'espèce présente une large faculté d'adaptation avec une préférence pour les sols très perméables, sableux ou caillouteux et à faible taux d'argile (20%). Il redoute les sols lourds et mal drainés. Il supporte aussi bien les sols acides que les sols très calcaires, voire salins (moins de 70 moles de NaCl/m³).

III. LE MATERIEL VEGETAL 

  Au Maroc, les espèces de Cactus les plus largement répandues sont: Opuntia ficus indica, O. dillenii, O. vulgaris et O. compressa. Les fruits de Cactus sont présents sur le marché de juillet à fin septembre. Il existe de nombreuses variétés qui se distinguent en deux groupes : (1) Les Cactus inermes souvent domestiqués et cultivés sur des surfaces limitées. (2) Les Cactus épineux qui sont les plus répandus car ils résistent à la destruction par le bétail. Dans la nature, on trouve tous les intermédiaires entre les formes épineuses et inermes.

IV. MULTIPLICATION DU FIGUIER DE BARBARIE 

Traditionnellement, la multiplication est réalisée par bouturage de raquettes, en laissant sécher au préalable les sections pendant deux semaines et parfois plus. Il est conseillé de conserver ces raquettes dans un endroit ombragé et aéré pour stimuler la subérisation de la zone coupée. A la plantation, la raquette est placée sur les 2/3 de sa hauteur contre le sol et inclinée. Le sol est alors tassé autour de la raquette. Les distances de plantation sont variables en fonction de la pluviométrie et du degré d'intensification de la culture. En zone aride et semi-aride (150 à 400 mm de pluie), les densités de plantation sont de 1200 à 2000 raquettes à l'hectare. Quand la pluviométrie dépasse 400 mm, ces densités peuvent être de 3200 à 5000 raquettes à l'hectare. La culture par graine ainsi que la multiplication in vitro ont aussi été pratiquées.

V. TECHNIQUES CULTURALES 

Le sol doit être labouré sur une profondeur qui peut aller jusqu'à 60 à 80 cm pour assurer un bon drainage, éliminer les mauvaises herbes et en même temps ameublir le sol pour qu'il puisse accumuler des réserves importantes en eau au cours de la saison des pluies. Si le sol est sableux et propre, des trous ou des rangs de plantation suffisent. La fumure de fond dépend de la richesse initiale du sol. En Afrique du Sud, les niveaux optimum de fertilité du sol doivent être de (en mg/kg de sol) : 150 mg de K, 12-15 mg de P et 80-100 mg de Mg. En Israel sur des sols sableux en fertirrigation, aucune fumure de fond n'est apportée. La fumure d'entretien est apporté sous forme de fumier (6 kg/plant), la 1° année, puis 150 g de sulfate d'ammoniac, 100g de superphosphate et 100 g de sulfate de potassium par plant en production. L'irrigation s'avère nécessaire dans les zones où l'été est particulièrement sec et chaud. Deux à trois irrigations (60 - 100 mm) apportées au cours du développement du fruit, entrainent une augmentation de la taille du fruit et du rendement. La taille est une taille d'éclaircie, consistant à supprimer les raquettes qui s'enchevêtrent à l'intérieur du plant, celles qui se développent horizontalement ou qui pendent vers le sol. Cette taille doit éviter l'encombrement de la frondaison pour permettre une bonne interception de la lumière. Ceci diminuera les risques d'infestation par les cochenilles, facilitera les traitements, l'éclaircissage et la récolte des fruits. Maintenir la plante à une hauteur qui n'excède pas 2 - 2,5 m.

VI. MALADIES, RAVAGEURS ET PROTECTION PHYTOSANITAIRE. 

La rouille (Phillostica opuntiae) présente dans les zones humides. Traiter au cuivre et supprimer les raquettes parasitées. Le mildiou des cactus (Phytophtora cactorum et P. omnivera). Supprimer et incinérer les parties atteintes. La cératite (Ceratitis capitata) : traiter avec un insecticide de synthèse. Les cochenilles : traiter aux huiles blanches ou au parathion.

VII. RECOLTE ET CONSERVATION 

Les fruits doivent être manipulés soigneusement. La croissance et le développement du fruit durent de 70 à 150 jours en fonction des variétés et des conditions de production.
On se base souvent sur la couleur de la peau ou sur la concentration en sucres totaux solubles (STS) pour commencer la cueillette. Quand la peau du fruit présente une couleur tournante, le taux des sucres est de 12 à 15%, il faut commencer à cueillir. La cueillette doit être faite tôt le matin en prenant soin d'utiliser des gants épais et des lunettes de protection.
Les fruits sont rafraichissants et nutritifs ; 25 à 30 fruits suffisent à la ration alimentaire journalière. Les rendements sont de 15 à 25 T/ha.




  Co-auteurs= Les professeurs de l'IAV Hassan II, Agronomie-département d'horticulture, unité de Rabat,
Ahmed Skiredj
Walali D.M.L.
Hassan El Attir