Les maladies cryptogamique : la pourriture grise ou botrytis

Botrytis cinerea est une espèce de champignons haploïde de la famille des Sclerotiniaceae, de la division des Ascomycota. Ce champignon phytopathogène est responsable de la pourriture grise, maladie cryptogamique qui sévit sur plusieurs cultures d’intérêt agronomique majeur comme la vigne, le tournesol, la tomate, la fraise. C'est un champignon également responsable de la pourriture noble qui permet d'obtenir
 
certains vins liquoreux, comme le sauternes ou le tokaj.
Le nom Botrytis cinerea désigne la forme asexuée (deutéromycète) du champignon. La forme sexuée (Ascomycète) peut être obtenue en conditions contrôlées en laboratoire mais n'a été que très rarement observée dans la nature ; elle s'appelle Botryotinia fuckeliana (de Bary) Whetzel. Il est d'usage d'employer le nom de l'anamorphe Botrytis cinerea plutôt que celui du téléomorphe Botryotinia fuckeliana. Le nom définitif n'a pas encore été choisi par la communauté scientifique (Walker, 2013)

Botrytis cinerea attaque au moins 270 espèces de plantes sauvages, notamment des Rosacées, mais aussi nombre de plantes cultivées (Vitaceae, Solanaceae, Cucurbitaceae, Rosaceae et Fabaceae). La viticulture, le maraîchage, l'arboriculture et la floriculture sont concernés par la pourriture grise. Pour le maraîchage citons : tomate, framboise, fraise, haricot, concombre, salade... essentiellement des dicotylédones. Parmi les monocotylédones, les graminées sont considérées comme peu sensibles à la
différence des bulbes (comme les oignons). La culture du cannabis et des fleurs est aussi touchée, puisque les roses, gerberas, pivoines, œillets, lis et chrysanthèmes sont vulnérables au botrytis.
Botrytis cinerea est donc un champignon polyphage ne présentant pas a priori de spécificité d'hôte. Il peut se nourrir comme parasite, des tissus vivants de centaines de plantes sauvages et cultivées, mais ses capacités saprophytiques lui permettent en outre de survivre sur des débris végétaux tombés au sol.
Bien que la pourriture grise s’attaque préférentiellement aux fruits, tous les organes de la plante y sont potentiellement sensibles, et les symptômes sont variés : flétrissement des fleurs, taches foliaires, pourriture des racines, des tiges, ou des fruits. Les fleurs de la plupart des espèces florales peuvent être contaminées de manière latente.
La pourriture grise est une maladie cryptogamique capable donc d'affecter une multitude de plantes sauvages et cultivées en plein champs ou en serre, partout dans le monde.


les origines de la pourriture grise

 

La pourriture grise est une maladie fréquente aussi bien au potager que chez les plantes d’agrément. C’est une maladie cryptogamique, due à des champignons microscopiques du genre Botrytis, qui comprend de nombreuses espèces dont la plus fréquente est le Botrytis cinerea :
  • Très contagieuse, cette parasitose est à craindre de mai à septembre en cultures extérieures et de mars à mai sous serre.
  • Elle est plus fréquente si l’année est particulièrement humide :
    • Son développement est favorisé par une humidité relative de l’air supérieure à 93 % et une température légèrement supérieure à 20 °C durant 24 h.
    • C’est donc au printemps et en automne qu’elle apparaîtra le plus souvent en extérieur.
  • Les dégâts occasionnés par tous ces champignons se manifestent par une grande variété de pourritures sèches ou humides entraînant des nécroses ou flétrissures de tout ou partie des plantes, fruits ou légumes pouvant être atteints.
Malgré la diversité de ces champignons et les différents dommages pouvant être observés, les méthodes de prévention et les moyens de lutte leur sont communs :
  • Il est quasiment impossible de s’en débarrasser définitivement, car les spores de Botrytis à partir desquelles elles se développent sont très répandues et abondantes dans la nature. Elles peuvent rester en dormance plusieurs années dans l’environnement avant de se développer lorsque des conditions favorables se présentent.
  • Outre par leurs spores, ces champignons se conservent aussi dans le sol ou dans des débris végétaux sous forme de mycélium ou des sclérotes prêts à se développer à nouveau après plusieurs années.
  • D’autre part le botrytis s’attaquant surtout aux plantes affaiblies, il peut apparaître en surinfectant une plante déjà malade ou attaquée par d’autres parasites.
  • Souvent installés sous forme parasitaire à l’occasion de blessures sur des feuilles ou sur des parties desséchées de feuilles ou fleurs, ils envahissent progressivement les tissus sains de la plante et finissent par sortir lors de la floraison suivante atteignant ensuite le fruit ou le légume généré.


Diagnostiquez la présence de pourriture grise 

Végétaux sensibles :

Pratiquement toutes les plantes cultivées peuvent être touchées par cette maladie cryptogamique :
  • Au potager : aubergines et courgettes, fèves, haricots et petits pois, tomates, oignons et salades.
  • Également, fraisiers, mais aussi groseilliers et framboisiers et tous les petits fruits ou vignes

Comment reconnaître les symptômes ?

  • Les fruits tels que les fraises ou les légumes se recouvrent d’un feutrage brunâtre puis gris caractéristique.
  • Les fleurs atteintes se flétrissent et les feuilles se couvrent de taches de couleurs crème à brunes puis pourrissent ou sèchent.
  • En général, les tiges atteintes de taches sèchent et le rameau les portant meurt.
  • Quant aux racines elles pourrissent.
  • L’importance des dégâts est variable et peut se limiter à quelques fleurs ou feuilles, mais parfois elle peut aller jusqu’à compromettre une récolte.

 

Prévenez l’apparition de pourriture grise 

Des conditions de culture inappropriées dans des conditions climatiques défavorables sont souvent à l’origine de son apparition. Pour prévenir ces attaques, en culture en plein air :
  • Préparez correctement le sol à planter.
  • Désherbez-le soigneusement, beaucoup d’herbes retenant l’humidité.
  • N’apportez pas trop d’engrais azoté.
  • Paillez en vous adaptant au type de culture. Pour la culture de fraisiers par exemple, l’usage d’un plastic noir sera un excellent moyen de prévention.
  • Éloignez les insectes qui comme la tordeuse en attaquant les feuilles ouvrent une porte d’entrée à la pourriture grise. Pour cela, pulvérisez un insecticide naturel comme le purin d’ortie ou solution de savon noir.
  • Il en est de même pour certaines maladies comme l’oïdium (feuilles ou fruits endommagés, par exemple). Traitez sans attendre à la bouillie bordelaise par exemple.

 

Quelle méthode de lutte prophylactique contre le Botrytis ?

Il faut en diminuer la vigueur :
  • en baissant l’apport en azote
  • en enherbant
Il faut également lutter préventivement contre les dégâts liés à l’oïdium, aux tordeuses de 2ème et 3ème génération qui créent des portes d’entrée pour le botrytis.
Enfin, il faut adopter un itinéraire cultural favorisant l’aération des grappes :
  • ébourgeonnage
  • effeuillage au niveau de la zone fructifère
  • éclaircissage pour éviter les paquets de grappes…

Quelle méthode de lutte chimique contre le Botrytis ?

utilisation  les fongicides spécifiques au parasite, des produits anti-mildiou ont un effet secondaire freinant sur le développement du botrytis.