- Les éléments majeurs ou macro-éléments ( Le phosphore (P))

Les éléments majeurs ou macro-éléments ( Le phosphore (P))


Présent entre 0.2 à 1.5% de la matière sèche exprimé en P2O5, il est également considéré comme un élément plastique.

Les différentes sources de phosphore

 Le phosphore assimilable dans la solution du substrat est :
  •  Sous forme d’anion. Les anions H2PO4 - et HPO4 2- sont ceux prélevs par les plantes dans la gamme de pH compatible à leur croissance. Le premiers domine en sol acide (entre pH 3 à 6), le deuxième en sol neutre à basique (pH 7 à 10). En sol fortement acide (pH13) ce sont respectivement les formes H3PO4 et PO4 3- qui prédominent mais ces deux gammes de pH sont peu rencontré dans les sols.
  • Lié aux matières organiques et en constitue la réserve organique.
  • Lié au complexe adsorbant et constituant la réserve minérale.


 Le phosphore facilement assimilable, lié à des adsorbants par diverses liaisons chimiques :
  •  la complexation (ou chimisorption) est la liaison principale. On a la liaison en sol acide des orthophosphates avec des ions ferriques ou aluminiques m et, en sol basique avec les ions calciques.     - Les ponts calciques : les ions Ca2+, Fe3+, Al3+ se fixent aux argiles, à l’humus d’un coté et au phosphore de l’autre empêchant sa disparition.
  • Le phosphore difficilement échangeable est insolubilisé dans les sols calcaires ou acides, c’est l’effet de rétrogradation des phosphates.
  •  en sol acide, les ions phosphates se lient à l’aluminium et au fer sous forme de FePO4 et AlPO4. Tant que le pH est trop bas, les phosphates resteront non utilisables
  • en sol basique, il se forme tout d’abord du CaHPO4 et ensuite du Ca3(PO4)2. Dans ce cas, l’action microbiologique et les matières organiques pourront remettre les anions phosphates en solution.

Le phosphore organique se présente sous deux formes :
  • Présent dans la matière organique typique tels que les nucléoprotéines, phospholipides, phytine…
  • L’humus, représente 90% de la fraction organique phosphatée. Les matières organiques vont permettre l’assimilation phosphatée par la minéralisation et par l’action sur le phosphore minéral. Les matières organiques vont également protéger le phosphore de l’insolubilisation en multipliant les sites d’adsorption.


L’administration de phosphore et son assimilation.


Les engrais phosphatés sont classés selon leur solubilité soit dans l’eau soit dans différent solvants. On a les engrais solubles, hyposolubles et insolubles.
Les engrais solubles sont les engrais contenant du phosphore sous forme de H2PO4 - ; les hyposolubles contiennent du HPO4 2- ; les insolubles du PO4 3-
 Le phosphore est assimilé par les plantes sous la forme d’orthophosphate (H2PO4 - ) et de pyrophosphate (HPO4 2-). Contrairement à l’azote, celui-ci n’est pas transformé dans la plante ; soit il reste sous cette forme inorganique, soit il se lie à des substrats par phosphorylation ou encore il se lie à un autre phosphate pour donner une liaison riche en énergie (notamment l’ATP)
 Les tissus jeunes sont relativement riche en phosphore et lors de la floraison, celui-ci est redistribué vers les inflorescences.
 Le pH du substrat va avoir une action directe sur la solubilité du phosphore et, par conséquent, son assimilabilité par la plante.

Les rôles physiologiques et agronomiques du phosphore.

- Fonction plastique :
  •             C’est un constituant des acides nucléiques entrant dans la jonction entre les nucléotides.
  •      Constituant des phospholipides des membranes végétales.

- Fonction énergétique : L’ATP (adénosine tri-phosphate) est la source principale d’énergie du métabolisme, l’hydrolyse de l’ATP produisant un phosphate inorganique (qui se lie au substrat à phosphoryler) et libérant l’énergie nécessaire à cette phosphorylation.
- Des fonctions métaboliques :
  •    la phosphorylation des glucides ainsi que d’autres substrats organiques les rendent plus réactifs aux réactions biochimiques du métabolisme.
  •     catalyseur de la synthèse des glucides à partir de CO2 et de H2O.

Le phosphore est dans la plante:
  •  Un activateur de la croissance des bourgeons et des racines.
  •  Participe au transfert d’énergie dans la plante.
  •  Un activateur de la synthèse des glucides et leur mise en réserve.
  •  Un facteur de précocité de la mise à fleur et de la fructification.
  •  Un facteur de résistance au froid et aux ravageurs par suite d’une plus forte teneur en glucides.

 Le phosphore est mis en réserve dans les graines sous forme de phytine ou acide phytique.

Les carences phosphoriques.

L’apport insuffisant en phosphore induit :
- stade bénin :
o   Un ralentissement de la croissance, la plante est plus élancée, les feuilles minces, dressées. Les nervures sont peu prononcées
o   Un feuillage vert foncé tirant sur le bleu avec un jaunissement et un dessèchement de l’extrémité des feuilles. Une coloration pourpre se marque à l’extrémité des feuilles ainsi qu’une ondulation.
- Stade aigu
o   Les feuilles jaunissent, se nécrosent et finissent par tomber.
o   Une mauvaise fécondation.
o   Un retard de maturité.

Les excès phosphoriques.


La capacité du phosphore à être complexé sous des formes hyposolubles et insolubles permet aux substrats d’avoir d’une part une bonne réserve phosphatée et d’autre part, cela permet d’éviter les excès phosphoriques.