Les éléments majeurs ou macro-éléments (Le Potassium (K))


Il est présent à raison de 2 à 4% de la matière sèche et est exprimé sous forme de K2O dans les engrais. Le potassium est présent en forte concentration dans les tissus jeunes en pleine croissance et en moindre quantité dans les organes âgés. Le potassium n’est pas un élément plastique mais un élément à fonction électrochimique et catalytique.

Les différentes sources de Potassium

Le K lié aux minéraux silicatés (mica, feldspath) ainsi qu’aux argiles, vont être libérés progressivement par l’altération des minéraux.
Le K échangeable et facilement utilisable dans la solution du sol ou adsorbé au complexe adsorbant.
Le K fixé qui constitue une réserve lentement utilisable. Les ions K+ peuvent passer des couches externes aux couches internes des argiles. Selon le type d’argile, la rétrogradation du K le rend différemment échangeable ; ce phénomène étant accentué par l’alcalinisation du sol.

Il y a un équilibre entre ces trois formes et le K dans la plante. Argile K (non échangeable) ↔ K (échangeable) ↔ K (engrais) ↔ K (plante)
 Le K contenu dans les matières organiques le rend facilement utilisable soit, directement à la mort des végétaux par l’évacuation des ions du suc cellulaire, soit, après la mort et la décomposition des végétaux.

L’administration du potassium et son assimilation

Le K est souvent administré sous forme de sulfate (K2SO4), de chlorure (KCl), de nitrate (KNO3) ou encore de carbonate (K2CO3).
Le K est absorbé sous forme d’ions K+ et reste sous cette forme dans la plante. Cet ion est très mobile dans toute la plante.
Le pH du sol agit sur l’assimilabilité du K ; un pH alcalin le favorisant.
De même, un sol ayant une bonne structure et donc bien aéré augmente la quantité de K assimilable.

Les rôles physiologiques et agronomiques du potassium

 Le K dissous dans les liquides cellulaires va jouer un rôle important dans :
  • La maintenance et la régulation de la pression osmotique.
  • L’équilibre acide-base dans la cellule en évitant son acidification. En fait, il remplace les ions H+ des composés (NO3 - , acides organiques) pendant leur transport dans la plante.
  • Il a une action directe sur l’ouverture et la fermeture des stomates participant ainsi à la diminution des risques de flétrissement.
  •  Constituant de certains enzymes entrant dans la catalyse de la synthèse des protéines, de l’ATP et dans la photosynthèse. Il stimule également les enzymes de la phosphorylation et inhibe celles de la respiration.
  •  Il facilite le transport des glucides dans la plante, leur transformation en lipides et leur mise en réserve.
  • Augmente la résistance au froid et aux cryptogames.
  • Favorise la développement du système racinaire et la flexibilité des tissus.
  • Il favorise l’assimilation du CO2 par la plante.

Les carences potassiques

 Les carences en K se manifeste, de par sa grande mobilité dans la plante, dans un premier temps sur les feuilles âgées.
Les symptômes de carence :
  • Retard de croissance surtout dans la fructification.
  • Diminution de la résistance à la sécheresse par perte de la turgescence et aux maladies cryptogamiques..
  • Coloration bronze du feuillage suivit de nécroses. Une ondulation du bord foliaire peut apparaître selon l’intensité du manque.
  • Une tendance au flétrissement.
À noter qu’une carence en K associée à un excès en azote prolonge la période de végétation associée à une maturation retardée des graines.

Les excès potassiques

 Les plantes sont très friandes du K et en font une consommation de luxe. Mis à part le fait d’augmenter la sensibilité aux parasites et maladies, et notamment les maladies à virus, l’excès de K bloque l’assimilation du Mg et du Ca faisant apparaître des signes de carences magnésiennes et calciques même si ces éléments sont présents en quantité suffisante.